Les faits se sont produits samedi après-midi au centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, non loin de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Des incendies ont éclaté dans deux des chambres. Vers 17h30, de la fumée était ainsi aperçue, sortant du bâtiment, alors qu'une quarantaine de militants de SOS Soutien aux sans papiers manifestaient devant le centre. Il pourrait s'agir, là encore, d'incendies volontaires, provoqués par des retenus ayant mis le feu à leurs matelas. Ce procédé était déjà celui qui avait été utilisé par des retenus lors de l'incendie du centre de rétention de Vincennes.
Le feu rapidement maîtrisé
Selon un retenu du centre, "deux cellules ont été incendiées" à une vingtaine de minutes d'intervalle. Les gendarmes, selon lui, ont alors fait "sortir tout le monde des chambres" pour les "regrouper sur le terrain de foot", en faisant "usage de gaz lacrymogènes". Cette fois cependant, le feu "a été vite circonscrit par les gendarmes, puis par les pompiers, qui assurent la veille" du centre, a-t-on indiqué à la gendarmerie. Un fourgon et un camion des pompiers sont arrivés en renfort peu de temps après, ainsi que des gendarmes pour maintenir l'ordre.
La préfecture de Seine-et-Marne a accusé dimanche ceux qui avaient manifesté samedi devant le centre de rétention du Mesnil-Amelot d'avoir "incité" au mouvement de révolte des retenus. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a accusé dimanche le PS d'"attitude totalement irresponsable." Le député affirme dans un communiqué que l'incendie dans ce centre est "à nouveau, comme lors de l'incendie du centre de Vincennes, le résultat de l'incitation à la violence par un collectif d'extrême gauche", ajoutant qu'"il y aurait pu y avoir des morts". L'UMP demande, "outre des suites judiciaires à cette affaire", que les "collectifs d'extrême gauche et autres groupuscules violents ne puissent plus manifester à proximité de ces centres, au risque de provoquer des actes de violence, mais qu'ils ne soient autorisés à le faire que devant les préfectures".
Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS à l'égalité, a jugé dimanche, à propos de ces incidents, que "la politique injuste du gouvernement crée des situations dangereuses tout à fait inacceptables". Et pour Rodolphe Nettier de SOS Soutien aux sans-papiers, "s'il y a eu émeutes et incendie (...) c'est uniquement parce que les forces de l'ordre empêchaient (les retenus) de manifester et donc d'avoir accès à leurs droits fondamentaux". Et l'organisation de dénoncer "la politique raciste et la politique du chiffre qui font que ces sans-papiers sont traités comme des animaux, sans aucune dignité".
D'après agence
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